Les arguments de Zénon contre le mouvement (Aristote)
Les arguments de Zénon d’Elée sont célèbres et sont encore aujourd’hui la forme la plus aboutie de l’aporie.
Aristote dans la Physique (VI) combat les apories de Zénon et c’est lui qui nous les rapporte.
Les arguments de Zénon contre le mouvement sont au nombre de quatre ; ils causent beaucoup de soucis à ceux qui veulent les résoudre. Le premier argument porte sur l’inexistence du ‘se mouvoir’, compte tenu du fait que le mobile doit d’abord parvenir à la moitié avant d’atteindre le terme de son trajet, argument que nous avons déjà discuté auparavant.
Le second argument est celui que l’on appelle l’Achille. Il consiste à dire que le plus lent à la course ne peut pas être rattrapé par le plus rapide, étant donné que le poursuivant doit nécessairement atteindre le point d’où le poursuivi est parti, de telle sorte que le plus lent doit sans cesse avoir une certaine avance.
Zénon propose un paradoxe trompeur : si un objet quelconque est en repos, lorsqu’il ne s’est pas déplacé du lieu qui est égal à ses propres dimensions, et si d’autres part cet objet qui se meut est sans cesse dans ce lieu qu’il occupe présentement, la flèche qui se déplace est immobile. […]. Le troisième argument est celui dont nous venons de parler, à savoir que la flèche qui se déplace est immobile. C’est ce qui résulte du fait que l’on admet que le temps est composé d’instants. Que l’on refuse cette prémisse et le raisonnement s’écroulera.
Le quatrième argument est celui qui fait appel à deux trains formés d’une succession de masses égales et qui se croisent sur un stade, en passant, l’un comme l’autre, devant un train immobile. La queue du premier train est située à l’une des extrémités du stade ; la tête de l’autre train est située au milieu ; les deux trains vont à vitesse égale. Pour Zénon, la conséquence est que la moitié est égale au double.
Aristote, Physique. Trd. Les écoles présocratiques, Gallimard, Coll. Folio-essais.
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