la mort est devenue quelque chose qu’on n’avait encore jamais eu à redouter sous cette forme (Adorno, 1970)

[...] ist der Tod zu etwas geworden, was noch nie zu fürchten war. Keine Möglichkeit mehr, daß er in das erfahrene Leben der Einzelnen als ein irgend mit dessen Verlauf Übereinstimmendes eintrete. Enteignet wird das Individuum des Letzten und Ärmsten, was ihm geblieben war.

[...] la mort est devenue quelque chose qu’on n’avait encore jamais eu à redouter sous cette forme. Il n’y a plus aucune possibilité qu’elle surgisse dans l’expérience vécue des individus comme quelque chose qui soit en quelque façon en harmonie avec le cours de leur vie. L’individu se trouve dépossédé de la dernière chose qui lui restait et de la plus misérable.

Théodore Adorno, Gesammelte Schriften 6, Negative Dialektik, Suhrkamp Verlag, Franfort-sur-le-Main, 1970 (1996), p. 355. Dialectique Négative, Paris, Payot, 1992, pp. 283-284.

C’est juste après ((En passant par une remarque sur Fin de partie de Beckett.)) qu’Adorno reviendra sur l’impossibilité d’écrire des poèmes après Auschwitz.

Das perennierende Leiden hat soviel Recht auf Ausdruck wie der Gemarterte zu brüllen; darum mag falsch gewesen sein, nach Auschwitz ließe kein Gedicht mehr sich schreiben.

La sempiternelle souffrance a autant de droit à l’expression que le torturé celui de hurler ; c’est pourquoi il pourrait bien avoir été faux d’affirmer qu’après Auschwitz il n’est plus possible d’écrire des poèmes.

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