… elle opère l’épuration des émotions (Aristote)

La catharsis, ou purgation des passions, comme on dit, est un des plus vieux poncifs de la critique littéraire. Un des justificatifs de la liberté absolue de l’artiste.
Mais passage abscons. Fumeux. On ne sait pas bien ce qu’Aristote veut dire. Ou bien encore comme l’écrit Barbara Gernez : « Enfin, est-il seulement certain qu’Aristote décrive ici un processus qui aurait une influence sur la vile « réelle » du spectateur ? » ((p. 117.))

Ἔστιν οὖν τραγῳδία μίμησις πράξεως σπουδαίας καὶ τελείας, μέγεθος οὖσης, δρώντων καὶ οὐ δὶ᾿ ἀπαγγελίας, δὶ᾿ ἐλέου καὶ φόβου περαίνουσα τὴν τῶν τοιούτων παθημάτων κάθαρσιν.

La tragédie est donc l’imitation d’une action noble et achevée, ayant une certaine étendue, dans un langage relevé d’assaisonnements, dont chaque espèce est utilisée séparément selon le parties de l’œuvre ; cette imitation est exécutée par des personnages agissant et n’utilisant pas le récit, et, par le biais de la pitié et de la crainte, elle opère l’épuration des émotions de ce genre.

Aristote, ΠΕΡΙ ΠΟΙΗΤΙΚΗΣ (La poétique), Chapitre 6, 24-28. Trd. Barbara Gernez, Les Belles Lettres.

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